Archive for juin 2011


La sobriété heureuse

juin 19th, 2011 — 4:20

“Le discours du « toujours plus » est en perte de vitesse. Voici venue  l’époque de la tempérance.”  Un nouvel aphorisme de Leo Babauta ? Une  phrase dénichée dans le dernier Dominique Loreau ? C’est le Figaro Madame, temple de la consommation sans complexes,  qui l’affirme ! Le magazine qui consacre une page sur deux à de la publicité  pour des marques de luxe, a choisi de parler d’une “consommation raisonnée en  famille” avec le pédophsychiatre Marcel Rufo et la ministre de l’écologie,  Nathalie Kosciusko-Morizet alias NKM. Il y est question de sobriété face à  l’hyperconsommation, la fièvre acheteuse, l’influence des marques et de la mode,  et au gaspillage. Hors de question pour autant de tomber dans l’excès inverse  : le sacrifice et la privation.

NKM – qui doit être minimaliste sans le savoir – insiste surtout sur la  recherche de la qualité plus que de la quantité dans tous les aspects de  son existence : “depuis un demi-siècle notre société a dérivé vers le « toujours plus » en réaction aux privations de la guerre. Voilà  pourquoi la génération née dans les années 50 peine à adopter un discours de  sobriété : parce qu’ils sont très angoissés par l’idée de manque.” Autrement  dit, il faut toujours avoir connu l’abondance pour refuser les excès de la  consommation et apprécier ce que l’on possède déjà. Marcel Rufo cite le  sociologue Eric Maurin qui constate que l’obésité se retrouve dans les classes  populaires et “surtout dans les familles migrantes qui ont souffert de pénurie  dans leur pays d’origine”. Le minimalisme reste un sport “d’occidentaux aisés” qui ayant accès à tout en perçoivent les limites sur leur bien-être et leur  santé. C’est un cheminement logique du “toujours plus” au less is more.  Une prise de conscience qui arrive tôt ou tard, parfois jamais !  Une  expérience et une évolution individuelle vers une sobriété heureuse.

NKM constate que l’exigence de qualité s’exprime en ce moment dans  l’alimentation avec des consommateurs de plus en plus en quête de goût.  Certainement, le signe d’un rejet de la mal bouffe et d’une nourriture  aseptisée, belle à regarder mais insipide au palais. En lisant ce week-end, “Paris est une fête” d’Ernest Hemingway, j’ai été frappée par l’importance de la  nourriture dans son récit. L’écrivain raconte sa vie dans la capitale dans les  années 20 et  décrit tout au long de son livre les plats qu’il mange et les  vins qui accompagnent les mets : “je moulus du poivre noir sur les pommes de  terre et trempai le pain dans l’huile d’olive” ; “je mangeais ses escargots et  sauçais de petits morceaux de pain dans le mélange de beurre, de persil et  d’ail, et je bus la carafe de fleurie”, écrit Hemingway près de quarante ans  après avoir goûté à ces plaisirs ! Bien manger semble avoir presque plus  d’importance pour lui que son travail d’écrivain ou les illustres personnages  qu’il côtoie – Francis Scott Fitzgerald, Ezra Pound, Gertrude Stein… Récit d’une  époque où l’on mangeait bien et sans se ruiner…

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Se déconnecter pour de bon

juin 7th, 2011 — 4:22

“Je n’ai plus de smartphone, j’ai tué mon compte Facebook… et je revis !” Non, il ne s’agit pas de mes dernières résolutions minimalistes mais du titre  d’un article du très sérieux journal Le Monde. Le quotidien a  recueilli les témoignages de centaines de personnes qui ont choisi de vivre sans  les gadgets électroniques et réseaux sociaux dont tout le monde parle. Ils sont  minimalistes sans le savoir. Et cela leur réussit : “On se recentre sur  l’essentiel, sur ce qui nous appartient vraiment.”

“ Je sors plus, je lis plus, je m’intéresse plus à ce que je fais…”

“Habitant à Paris, j’ai choisi que mon domicile serait un lieu privilégié de  paix et de silence. (…) J’ai décidé que tous ces outils de communication  seraient à mon service et non l’inverse. (…) La vie est précieuse, à chaque  instant. Vivre longtemps m’est égal, en revanche, bien vivre m’importe !”

“L’idée est de vous livrer corps et âme à une activité qui vous passionne en  laissant les perturbations extérieures vous passer au dessus…”

” Pas de compte Facebook (mes amis je leur parle de vive voix au téléphone ou  mieux autour d’une table ou à l’occasion d’une balade dans les rues ou les  chemins creux).”

Les Américains parlent de “digital sabbatical” (congé sabbatique numérique),  leurs adeptes sont des “sabbaticalers”. Il doivent souvent concilier leur  nouvelle habitude avec leur vie de blogueur et leur activité professionnelle :  certains ont pris l’habitude de se déconnecter le week-end comme Tammy  Strobel de Rowdy Kittens qui s’interdit de surfer sur Internet, de modérer  les commentaires de son blog, de lire ses mails, consulter son compte Facebook  et Twitter. Mais Tammy Strobel prend soin d’avertir ses amis  et  followers qu’elle sera off samedi-dimanche.  Il y a ceux qui ont décidé de mener l’expérience sur un mois entier comme Gwen  Bell qui souhaitait fixer son attention sur ses projets personnels. Une  expérience prolifique puisque la blogueuse a écrit l’e-book “Digital  Warriorship” (non lu) et a décidé de recommencer cette année au mois de  juillet.

Quant à moi, n’étant pas une adepte du tout ou rien, je n’ai pas l’intention  de renoncer à mon smarphone mais je dois avouer que l’engin m’a fait prendre de  sales habitudes comme vérifier mes mails, mon fil Twitter et Facebook dès le  matin. Comment faisait-on avant l’Internet mobile ? En vérité, nous étions déjà  dans la religion du  ”toujours quelque chose à faire” : au lieu  d’avoir un smartphone dans la main, nous avions un journal ou un livre et nous  ne prenions pas plus de moments pour regarder autour de nous, faire attention  aux autres, penser à nous, rêvasser. Se retrouver.

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Pouvez-vous vivre sans… ?

juin 4th, 2011 — 4:23

Ecrit par Leo Babauta sur mnmlist – traduction  Florence Guernalec

Souvent, les gens pensent à tort que pour être un minimaliste, on doit vivre  avec moins de 100 choses (voire 50 ou quelque chose de fou dans le même genre).  Ce n’est pas vrai du tout.

Une minimaliste est tout simplement quelqu’un qui réfléchit à l’utilité  réelle de chaque chose, et qui essaie de s’en tenir au nécessaire, plutôt que de  consommer à outrance.

Le défi des 100 choses est juste un outil : en essayant de se limiter à 100  affaires, cela vous oblige à les regarder et à vous demander: Cette chose  est-elle vraiment nécessaire ? Puis-je vivre sans ?

Alors, oubliez le défi de 100 choses, et à la place posez-vous  simplement  les questions : Est-ce vraiment nécessaire ? Puis-je m’en  passer ?

Par exemple, pourriez-vous vivre sans ces choses:
• abonnement au  câble
• smartphone
• téléphone mobile
• télévision
• connexion  Internet
• canapé
• Plus d’une paire de chaussures
• Plus de quelques  chemises ou pantalons
• micro-ondes
• voiture
• confiseries
• Plusieurs livres (à la fois)
• maquillage
• Vos cheveux [Leo s’est rasé la  tête ! NDLR]
• Le poids des souvenirs

Certains d’entre vous trouverez certains éléments de cette liste si  indispensables que vous jugerez ridicule de vous poser la question. Et je  ne dis pas que vous devriez abandonner quoi que ce soit… Je vous suggère  seulement  de vous poser la question.

Leo Babauta http://mnmlist.com/without/ En savoir  plus sur Leo  Babauta

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